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La Tournée des Patrons

1 000 cafés | Cafés ruraux au coeur du village

En deux ans, une trentaine de cafés multiservices ruraux ont ouvert grâce au programme « 1 000 cafés » du Groupe SOS. Souvent seuls commerces des villages, ces établissements revitalisent les territoires et offrent un lieu de rencontre pour les habitants.

En France, un village sur deux ne dispose d'aucun commerce et la moitié des résidents des communes rurales doivent parcourir plus de 3,4 km pour acheter leur pain *. Face à ce constat sans appel, le Groupe SOS a décidé d'inverser la tendance. Son programme « 1 000 cafés », lancé en septembre 2019, poursuit un objectif clair : ouvrir 1 000 cafés multiservices dans 1 000 communes françaises de moins de 3 500 habitants. « Dans certains villages, les habitants sont très isolés, ils n'ont plus de vie sociale, car il n'y a plus aucun lieu de rassemblement », expose Jean-Marc Borello, président du directoire du Groupe SOS, dont la mission est de lutter contre les « fractures territoriales » . Il constate que le nombre de cafés diminue dans les milieux ruraux, alors que la population, elle, continue d'augmenter. « Le café a une véritable fonction sociale, c'est un sujet d'intérêt général, lorsqu'un établissement multiservice ouvre dans une commune, cela change la vie des gens » , ajoute-t-il. Avec cette opération, le Groupe SOS souhaite donc contribuer à redynamiser les communes rurales en rouvrant des commerces de proximité sous forme de cafés multiservices. En octobre 2021, l'initiative comptait 100 cafés accompagnés, dans 55 départements de l'Hexagone, dont 28 déjà ouverts. Le Groupe SOS indique que plus de 1 000 communes ont manifesté leur intérêt pour le projet, et plus de 3 000 particuliers se sont inscrits à l'appel à candidatures pour la gérance d'un café. Commencée quelques mois seulement avant le premier confinement, l'opération a pourtant été freinée par la crise sanitaire. « Environ 80 % des projets ont pris en moyenne cinq mois de retard, surtout pour des raisons immobilières », indique Jean-Marc Borello. Un mal pour un bien, selon Sophie Le Gal, directrice du programme « 1 000 cafés », pour qui la pandémie a mis en avant la nécessité de redynamiser les commerces de proximité en milieu rural.

« Cette période a renforcé notre raison d'être », assure-t-elle. En effet, les cafés déjà ouverts étant multiservices, ils ont révélé toute leur utilité pendant cette période de restriction de circulation, notamment grâce à leurs activités complémentaires, comme celle de dépôt de pain, d'épicerie ou encore de relais-colis. « Les intentions des gérants ont également été renforcées, nous avons eu de nombreuses candidatures », ajoute-t-elle.

Approche collaborative

Si l'opération « 1 000 cafés » apporte son expertise, chaque projet est coconstruit par les habitants, la municipalité et les gérants. « Il est primordial que les habitants puissent s'approprier leur café, nous encourageons donc la municipalité et le futur gérant à les mobiliser avant l'ouverture » , mentionne Sophie Le Gal. Les services déployés dans l'établissement constitueront la rencontre entre les besoins exprimés par les habitants, la physionomie du local et les envies du gérant. En effet, en plus du débit de boissons et de la restauration, les cafés pourront mettre en place une épicerie, un dépôt de pain, des services postaux et de colis ou encore un point numérique.

En outre, « 1 000 cafés » intervient en tant qu'investisseur pour les besoins initiaux du lieu et en soutien à la trésorerie. « Nous assurons l'investissement initial de chaque établissement, pour les équipements, les premiers stocks et une trésorerie de départ, afin de garantir la rémunération de la gérance », explique Sophie Le Gal. Avec l'avis de la municipalité - souvent propriétaire des lieux - le groupe recrute les gérants qui peuvent habiter aux alentours ou venir de plus loin. « Le gérant dispose du statut mandataire non salarié, avec une rémunération équivalente au SMIC, ainsi qu'un intéressement selon les résultats, précise la directrice . Ceci signifie qu'il n'investit rien de sa poche pour se lancer et que sa rémunération est ensuite assurée. » Une fois recrutés, les gérants qui n'ont pas toujours d'expérience dans le secteur sont formés et outillés pour ouvrir leur établissement. « On accompagne vers un métier qui ne s'invente pas », estime Jean-Marc Borello. Avant l'ouverture, ils suivent une formation collective où ils apprennent à gérer une petite entreprise, à maîtriser le métier de commerçant et l'activité de cafetier, mais aussi à développer le multiservice et la mobilisation citoyenne. Ils sont également accompagnés individuellement par un responsable territorial dédié et disposent d'outils de gestion de projets et de création d'entreprise. « Nous restons présents dans la vie du café, nous continuons d'accompagner les gérants, notamment pour la comptabilité et avec des points mensuels », ajoute Sophie Le Gal. Grâce à la force du réseau, les différents gérants peuvent partager leurs bonnes pratiques, mais aussi mutualiser les coûts des fournisseurs. Ce soutien financier peut être illimité dans le temps, mais l'objectif est que les établissements puissent approcher de l'équilibre financier. Le fonds de commerce de chaque établissement appartient à une SA dotée d'une raison d'être et d'une gouvernance. Pour fonctionner, le programme « 1 000 cafés » est soutenu par l'Agence nationale de la cohésion des territoires, dans le cadre de l'Agenda rural.

L'initiative est également soutenue par des partenaires privés, parmi lesquels le groupe Pernod Ricard, la fondation Kronenbourg, leboncoin, Coca-cola, Ethiquable, PMU ou encore Veolia. Par ailleurs, depuis octobre 2021, le dispositif est élargi aux établissements ruraux déjà en activité dans des communes de moins de 3 500 habitants. « C'est bien d'ouvrir des cafés, mais nous voulons également soutenir ceux qui sont déjà ouverts et qui sont fragilisés », souligne Jean-Marc Borello. 

NOTE* Commerces et inégalités territoriales, Insee, 2017.

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